Un événement digital n’est pas inclusif par défaut
L’événementiel digital a bousculé les formats traditionnels. Il offre plus d’agilité, de portée, de personnalisation. Mais il ne garantit pas pour autant l’inclusion de toutes les audiences. Un événement en ligne peut rester excluant si son contenu, sa forme ou son environnement numérique ne sont pas pensés dès le départ pour accueillir une diversité de profils.
Aujourd’hui, l’accessibilité et l’inclusivité ne sont plus des options, mais des critères d’exigence. Parce qu’un événement a autant de valeur que l’expérience de celles et ceux qui y participent.
Accessibilité numérique : penser l’expérience utilisateur dans toutes ses dimensions
Aller au-delà de l’accès technique
Proposer un événement digital, ce n’est pas seulement mettre en ligne un flux vidéo. C’est permettre à tous les participants, quels que soient leurs besoins ou limitations, de vivre une expérience fluide, intelligible, engageante.
Cela passe par l’adoption de bonnes pratiques concrètes :
- Compatibilité avec les technologies d’assistance : lecteurs d’écran, navigation clavier, commandes vocales.
- Conformité aux normes WCAG 2.1 : contrastes suffisants, structure logique, balisage accessible.
- Multicanalité des contenus : chaque message peut être lu, entendu, vu, ou parcouru à son rythme.
- Clarté de l’interface : design épuré, navigation intuitive, formats adaptables.
Les bons outils pour une accessibilité réelle
Des outils simples et efficaces permettent aujourd’hui de répondre à ces exigences :
- Sous-titrage automatique ou humain (Otter, Ava, StreamText)
- Traduction multilingue simultanée
- Interprétation en langue des signes intégrée dans le flux
- Replays chapitrés et formats téléchargeables
Intégrer ces solutions dès la phase de conception évite de “corriger après coup” et garantit une meilleure expérience globale.
Neurodivergence : adapter les formats aux rythmes cognitifs
Parmi les enjeux d’accessibilité souvent sous-estimés figure la prise en compte des profils neurodivergents (TSA, TDAH, HPI, dyslexie, etc.). Ces participants peuvent être freinés par des environnements numériques trop denses, bruyants, imprévisibles ou mal structurés.
Quelques leviers efficaces :
- Fractionner les contenus : interventions courtes, chapitrées, avec temps de respiration.
- Soigner la lisibilité : langage clair, titres visibles, informations hiérarchisées.
- Limiter les stimuli : éviter les animations inutiles, les transitions agressives ou les visuels clignotants.
- Proposer un cadre prévisible : programme détaillé, horaires respectés, consignes claires.
Ce qui facilite la participation des personnes neurodivergentes bénéficie en réalité à toute l’audience : meilleure attention, réduction de la fatigue cognitive, plus grande autonomie dans la navigation.
Inclusivité : qui est réellement invité à participer ?
L’inclusivité va plus loin que l’accessibilité technique. Elle interroge la représentation, le langage, le format, le contexte. Autrement dit : qui s’exprime ? Qui est visible ? Qui se reconnaît dans l’événement ?
Quelques axes d’inclusivité à intégrer
- Diversité des intervenants : éviter les panels homogènes, valoriser toutes les voix.
- Langage neutre et clair : bannir le jargon, utiliser des formulations inclusives.
- Flexibilité des formats : live + replay, asynchrone, chapitrage, formats courts.
- Accessibilité économique : version gratuite, prix solidaire, accès pour les publics précaires.
Penser à l’échelle mondiale
Un événement digital peut devenir instantanément global. Mais encore faut-il :
- Traduire les contenus (voix off, sous-titres, documents)
- Adapter les formats aux faibles connexions (vidéo compressée, versions allégées)
- Tenir compte des fuseaux horaires (disponibilité étendue des replays, rediffusions)
Mettre l’inclusion au cœur du processus
L’inclusion n’est pas une case à cocher en fin de projet. C’est une démarche globale, qui se construit à chaque étape.
En amont
- Intégrer l’accessibilité dès le brief
- Prévoyez un budget spécifique pour les adaptations
- Co-concevoir avec des expert·e·s ou des personnes concernées
Pendant l’événement
- Activer les fonctionnalités d’accessibilité
- Modérer activement les échanges (chat, Q&A)
- Offrir plusieurs modes de participation : écrit, oral, différé, silencieux
Après l’événement
- Publier des replays accessibles
- Recueillir des retours spécifiques sur l’expérience vécue
- Mesurer l’impact : nombre de visionnages en différé, taux d’engagement par support, feedbacks qualitatifs
En résumé : concevoir pour chacun, penser pour tous
Un événement digital réellement inclusif est :
- Pensé dès la conception pour intégrer tous les profils
- Conçu dans une logique d’adaptation continue : formats, contenus, canaux
- Évalué à l’aune de l’expérience vécue, pas seulement des chiffres d’audience
C’est une démarche qui demande un peu plus d’attention, parfois un peu plus de moyens, mais qui produit des événements plus justes, plus efficaces, et plus durables.
Conclusion : faire de l’accessibilité un standard, pas une exception
Créer un événement accessible et inclusif, ce n’est pas faire un “effort” pour une minorité. C’est reconnaître que l’hétérogénéité est la norme. C’est s’adresser à des publics divers, aux capacités variées, dans des contextes multiples.
Le digital n’a de sens que s’il relie. Pour cela, il doit être pensé non seulement pour ceux qui l’utilisent bien, mais surtout pour ceux à qui il donne – enfin – la possibilité de participer.


